Rive droite de l’Aisne 2

Mardi 29 septembre 2009, par Grenouille // Creutes

Chemin des Dames. Le plateau calcaire, recouvert de son manteau de terre fertile est ponctué de fermes. Les carrières se situent sur la bordure du plateau, parfois dans les bois. Au détour d’un chemin, une langue de bois laisse présager un entrée. Un vieux portail, une bouche de cavage dont le souffle humide et frais s’échappe, sont les indices. Lentement, les gravures disparaissent sous la mousse, d’autres, plus dans la pénombre, parfois protégées par des grilles, gardent la trace de ces moments tragiques

Les premiers assauts ont lieu à l’automne 1914, puis le théâtre des combats se fige en ces lieux, avec l’occupation des carrières, lieux de casernement, jusqu’à l’été 1918 où "l’envahisseur" est repoussé ;

Parmi les multiples carrières non loin de ce plateau, certaines vont servir de casernement. Vont passer différents bataillons, différents régiments, et les murs vont devenir le support de leur passage. Les militaires vont construire en certains lieux reculés des lieux de cultes (chrétiens, juifs, orthodoxes ...)
- Le 1er bataillon des Chasseurs Alpins érigera un autel où deux soldats se font face (le premier avec le casque adrian, le second avec le béret traditionnel).

- Le 2e bataillon du 67e Territorial d’Infanterie érigera un autel l’été 1915, avec une hirondelle prenant son envol au dessus de la croix.

- Un autel polychrome rehaussé à la sanguine fut construit successivement par le 16e et 98e R.I puis par les 97, 264 et 265e R.I. avec un rappel de leurs campagnes de guerre parfois lointaines. Parmi les symboles, se cache un chamois.

Les militaires vont aussi aménager l’entrée de ces carrières.

Des soldats vont y laisser leur nom (Rayle, Chausselat, Bertrand).

D’autres vont y graver le portrait de personnages illustres dont Lord Kitchener qui fut ministre de la guerre en Angleterre, et Edith Cavell, infirmière martyr.

Puis la vie continua, les champignonnistes réinvestirent les lieux, et les arbres repeuplèrent la foret et les sangliers ont remplacé les soldats.

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