In cervisia veritas

Vendredi 21 janvier 2011, par Grenouille // Paname - 35 m

Paname, haut lieu pour boire une mousse sur le zinc.

Hier encore, les sous-sols résonnaient des fracas de l’industrie brassicole.

Le Grand Réseau Souterrain a hébergé durant des décennies les caves de brasseurs parisiens.

Que reste t-il de cette occupation, qu’elle nouvelle vie anime ces lieux ?

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Dans l’ancien quartier du petit Montrouge et celui du Parc Montsouris, autour des rues Dareau, Tombe Issoire et Voie Verte, différents brasseurs ont profité des sous-sols offerts par la présence des carrières pour stocker et laisser fermenter leur breuvage.

De la première moitié du XIX ième siècle au milieu du XX ième, quelques grands brasseurs vont faire vivre les lieux d’une activité intense. Ils vont surmonter les différentes guerres et les crises du début du XX ième siècle, intégrant par la suite quelque grand groupe avant de disparaitre et de laisser la place à des ensembles immobiliers.

Déjà il y a 30 ans la mondialisation et les lobbys immobiliers sévissaient !

Au nord, les bières Dumesnil, plus au sud, les bières Gallia et Luxor.

Que reste il de cette époque à 20 mètres sous terre de ces brasseries dont les fières enseignes représentaient une tête de cheval, un coq ou une femme assise sur un nuage tenant une étoile ?

Quelques grandes salles au nom énigmatique sont fréquentées par une foule de clandestins des sous-sols (Cellier, Plage), festoyant dans cet étrange univers.

- La Plage :

C’est avec du sable que le visiteur est accueilli. Puis depuis l’entrée principale, tel le gardien du temple, surgit le golem, sculpture aux os de fer aux bras levés. Sur les murs, des reproductions d’œuvres anciennes dont "la vague", tant de fois rénovée ou "Guernica" côtoient les fresques récentes dont celle de "BOB the spoon". Quelques bassins et structures métalliques subsistent de l’activité brassicole.

- Le Cellier :

L’accès à ces lieux se fait à l’horizontale. Casimir et Judge Dredd vous accueillent. La reptation conduit à quelques salles où l’activité industrielle reste plus visible. D’étranges piliers trapézoïdaux datant des années 30, les restes d’un escalier en colimaçon, quelques arches en meulière, et un sol parfois faïencé. Le lieu partagé en différentes salles est riche en fresques.

La salle égyptienne  :

Sur un mur, comme dans le temple d’Abou-symbel, Ramsès II, le pharaon est représenté sur son char de guerre lors de la bataille de Qadesh contre les Hittites , en 1274 avant J-C. Sur l’autre mur, comme dans la salle du sarcophage du tombeau de Ramsès 1er dans la vallée des rois, une fresque représentant quatre des douze déesses des heures entre lesquelles se trouve le "serpent temps".

La salle des champignons : Véritable galerie des peintres célèbres : Caravagio, Ersnt, De Chirico, Ingres, Rembrandt ....

- L’étrange réseau des cuves :

Une série de cuves dont l’accès se fait par un puits à échelons. Ce minuscule réseau labyrinthique sur deux niveaux, se parcourt en passant par les guichets ou par le sommet des cuves. La couleur blanche se trouve sur les parois extérieures alors que l’intérieur des cuves est noir. Un large puits reste visible, quelques canalisations tordues ou éventrées témoignent de cette activité.

Les lieux subsistent mais leur utilisation change avec le temps. Les brasseurs à une époque pas si lointaine, puis les cataphiles aujourd’hui.

Et demain ? ...........

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2 Messages de forum


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Derniers commentaires

30/01 — In cervisia veritas — par Tounet

Tes photos sont superbes ! Lire la suite »

29/01 — In cervisia veritas — par Zébul.

Toujours aussi agréable de venir faire un tour par ici ♥ Lire la suite »