La carrière de la petite fleur

Jeudi 23 juin 2011, par Grenouille // gypse

Ici, on y extrayait le gypse pour en faire du plâtre, puis on y a cultivé des champignons, puis le silence est revenu en ces lieux, ponctué par le son grave des éboulements !

Ayant reçu quelques lettres d’un oncle grand voyageur, je découvris dans l’une d’elles le plan de cette carrière de gypse.

La colline, envahie par la végétation, cache des kilomètres de galeries. Si près de la route et tellement éloignée de le foule.

Après la chaleur du dehors, la bouche de cavage joliment dissimulée derrière un fin rideau végétal puis métallique exhale cette caractéristique fraicheur des cavernes.

Cette vaste carrière est divisée en quatre secteurs principaux. Les galeries de roulage qui font la liaison ( dont certaines portent des noms de rues) , sont consolidées par des traverses de métal, des poutres de bois ou de béton. Les renforts vieillissent parfois mal et la roche pousse jusqu’à la rupture des poutres. C’est ainsi que le chaos s’installe ...

C’est une carrière de gypse étrange.

L’exploitation est faite par piliers carrés, avec hagues et piliers à bras qui sont typiques des carrières de calcaire. Les piliers ont une hauteur de près de 10 mètres, sur 10 mètres de coté !

Seulement, contrairement au calcaire qui a une certaine tenue, le gypse est fragile et friable !

Sur de grandes surfaces, les fontis percent la voute et laissent passer la glaise verte. Les piliers se fendent sous la charge et des galeries autrefois spacieuses sont devenues de minuscules tunnels aux parois éclatées et à la roche branlante.

Dans ce chaos, le danger se mêle à la beauté des lieux :

Les piliers souffrent et se désagrègent. Les angles se fissurent puis des pans entiers se détachent. Les plaques du ciel de carrière se détachent en strates, guidées par d’immenses fissures horizontales. Parfois, c’est le plancher qui s’ouvre, laissant apparaitre un autre étage de l’exploitation.

De l’époque de l’exploitation moderne du gypse, des traces restent visibles  :
- Des inscriptions au ciel de carrière. Entre 1907 et 1925, Val, Maze, Notin, Colletier, Crépin, Doublet vont écrire leur nom au ciel de carrière.
- Des wagonnets.
- Des traces de tirs de mine au ciel de carrière.

Quelques vestiges relatent les activités des champignonnistes :
- Des inscriptions peintes aux parois (Lino/Rino, champignonnistes), Champion (variété de semence), ...
- Une vieille voiture borgne datant des années 20.
- Des meules, des murs chaulés.
- Des restes de lignées et de champs de caisses de bois écroulées.
- Des restes de portes et de cloisons de plâtres et des restes de ventilateurs.

Un autre petit secteur, dont l’accès est "protégé" par quelques piliers à bras de gypse a été aménagé en refuge. Un tunnel, de forme ogivale et à demi maçonné, conduit à un salle plus large où se trouve un petit four à pain.

Cette carrière, aux volumes parfois impressionnant est aussi belle que dangereuse. Elle donne la chair de poule à la vue de tous ces effondrements passés et à venir !!

Néanmoins, elle est magnifique, comme une petite fleur perdue au milieu des bois ...............

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