La creute aux mille entrées

Mercredi 9 novembre 2011, par Grenouille // Creutes

Coté du couchant le long de la route du nord.

Le massif en hauteur héberge une foret aujourd’hui paisible qui couvre la bordure du plateau.

Pourtant, il y a presque cent ans, les lieux résonnaient du bruit des canons ...

Aout 1914, les hostilités commencent et l’ennemi envahit la région.

Ce réseau de carrières bordant le plateau est connu depuis des siècles et ne semble plus beaucoup utilisé.

Il va pourtant servir de refuge à la population devant l’invasion, puis c’est l’armée allemande qui va y établir ses positions. Le front s’établit à quelques centaines de mètres des carrières, avec son no man’s land entre les belligérants.

De septembre 1914 à mars 1917, l’armée de l’empire habite les lieux. Plusieurs entrées / sorties vont être aménagées, nommées et un fléchage directionnel va être mis en place afin que les militaires s’orientent dans ce dédale.

- Vers les cuisines
- Vers la tranchée ...
- ...

Suite au retrait stratégique allemand du printemps 1917, c’est l’armée française qui va investir les lieux jusqu’en juin 1918, où pendant 2 mois l’adversaire reprendra la main sur le massif avant le recul définitif d’aout 1918.

L’armée française va y installer plusieurs postes de commandement, de secours et d’intendance. Elle va à sont tour apposer une signalétique sans pour autant effacer celle posée quelques mois plus tôt par l’adversaire.

De cette période restent :

- Des indications de directions françaises :
- Une croix rouge pour indiquer le Poste de Secours (PS). - Une cloche noire pour indiquer la direction des Postes de Commandement (PC).

- Quelques graffitis de numéro de bataillon.
- des aménagements de logement.
- Des sorties dont plusieurs magnifiques escaliers  !
- des sculptures françaises (un blason, un coq, un autel)

L’armée allemande, pendant sa longue occupation des lieux, va sculpter des éléments patriotiques comme ce magnifique aigle rouge, brandebourgeois, ou ces inscriptions en lettres géantes gothiques, "nous allemands, ne craignons rien au monde, sauf dieu".

Aujourd’hui, les agriculteurs ont repris leur activité. Les champignonnistes ont quitté les lieux. Les bois ont poussé.

Pourtant, les bois gardent les traces du passé :

- de multiples entrées en pente douce.
- un labyrinthe de galeries.
- de piégeux escaliers, aujourd’hui trous béants dans les bois !
- des galeries étroites, ébouleuses, voire dangereuses !
- des effondrements de voutes.

Sans guide, l’aventure reste dangereuse voire déconseillé tant cet ensemble de carrière est chamboulé !!

Heureusement, encore une fois, le lutin au bonnet bleu à la clochette tintante veillait sur moi dans cette aventure...

.......... mais ceci est une autre histoire ..........

Répondre à cet article