La carrière aux mille éclats.

Mercredi 2 novembre 2011, par Grenouille // Craie

Non loin de Paname, sur le coteau bordant le fleuve, sous la montagne aux mille éclats, de massives grilles défendent l’entrée de cette carrière.

Sur l’invitation d’un oncle voyageur, je redécouvrais ces lieux magnifiques.

Aux portes de la civilisation moderne, une grille.

Au delà de la grille, une galerie voutée en pente douce.

Plus bas, 3 niveaux reliés par des pentes douces droites ou courbes et d’étranges escaliers, de longues et hautes galeries perpendiculaires où a été extrait la craie !!

Les galeries sont hautes de 3 à 6 mètres, les piliers se superposent d’étage en étage. Les voutes sont taillées au pic et sont peignées, ce qui donne une finition particulièrement soignée. Les croisements de galeries donnent lieu à une magnifique architecture en croisées d’ogives.

Géologiquement, la craie est un calcaire tendre que l’on trouve dans le plissement anticlinal (soulèvement géologique). L’érosion des eaux du fleuve a permis ici son affleurement.

Dès 1870 (période moderne de cette exploitation) la roche était extraite au pic puis concassée et délayée avec de l’eau (une source est présente dans la carrière). Après différentes étapes de lavage, l’eau chargée de craie était dirigée vers différents bacs de décantation. Le dépôt de matière plus ou moins fine était compacté en petits pains. Les vestiges d’un monte charge et des wagonnets reposant dans une galerie sont encore visibles.

Au milieu du XXème siècle, les lieux ont été utilisés par les champignonnistes. De cette période, il reste de longues meules, quelques tableaux de production des années de guerre, des cloisonnements défoncés, des bouteilles de mycélium éclatées, des réservoirs d’eau, une machine sur roues servant à pulvériser le lait de chaux ...

Les lieux ont aussi été utilisé par la population locale comme abris de défense passive durant le dernier conflit.

Plus tard, une entreprise de maçonnerie utilisa les conditions particulièrement favorables d’hygrométrie et de stabilité de température pour le moulage de pièces en béton. Il reste quelques moules, des "vases" et un grand portique servant certainement à l’origine à déplacer les moulages.

Cette carrière aux dimensions modestes, a comme trésor des propriétés acoustiques particulièrement performantes. Le son des ruissellements d’eau se propage avec clarté et pureté, ainsi que celui le bruit des pas des cataphiles et des quelques fantômes qui hantent les lieux.

Fantômes dont parfois on arrive à photographier l’ombre !

.......... mais ceci est une autre histoire ..........

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